Étude de cas patrimoniale #6 - Quand les professionnels de santé découvrent que leur principal patrimoine n'est pas celui qu'ils croyaient

Dans la vie, il y a ce que certains appellent des synchronicités et je vais vous en donner un exemple : dans le cadre de ma nouvelle activité, cela fait plusieurs semaines de je travaille sur un document synthétique au sujet de l’installation des professionnels de santé hors des frontières de l’hexagone

Et cette semaine, j’ai eu contact avec deux médecins et deux infirmières, tous recherchant des informations pour éventuellement s’installer au Mexique.

Bien sûr, à chaque fois, les questions étaient différentes mais elles tournaient toutes autour d’un même sujet, est-il réellement possible de reconstruire une activité professionnelle dans un autre pays ?

Et derrière cette question déjà lourde de sens se cache une réalité patrimoniale beaucoup plus profonde que ce que beaucoup imaginent.

Le patrimoine invisible

Car lorsqu’on parle patrimoine, nous pensons spontanément à l’immobilier, aux placements financiers, à l’assurance-vie ou encore aux actions.

Pourtant, chez les professions de santé, le premier actif est souvent totalement invisible, il s’agit de leur diplôme, de leurs compétences, de leur réputation, de leur capacité à générer des revenus pendant parfois trente ou quarante ans.

Autrement dit leur capital humain.

Le cas du docteur Martin

Le docteur Martin, à part le nom évidemment, est une personne réelle dont je me suis servi comme fil rouge pour mon guide. C’est un homme charmant que j’ai connu lorsque j’exerçais comme conseiller en gestion de patrimoine et avec qui j’avais des discussions passionnantes alors qu’il était au tout début de son installation.

A 47 ans, marié et deux enfants, ce médecin généraliste est extrêmement réputé auprès de sa clientèle et reconnu par ses pairs, son cabinet étant bien installé dans sa ville.

Ses revenus sont confortables et avoisinent les 100.000 € annuels, ce qui lui a permis de constituer progressivement un patrimoine déjà conséquent.

Son patrimoine est composé ainsi :

  • résidence principale : 650.000 € (dont 120.000 € de capital restant dû)

  • deux appartements locatifs : 450.000 € (dont 290.000€ de capital restant dû)

  • assurance-vie et placements : 95.000 €

Patrimoine global brut : 1,195 million d’euros.

Patrimoine global net : 785.000 euros

N’importe qui se dit qu’il aimerait être dans la situation du docteur Martin et que ce dernier est tranquille.

En réalisant différentes simulations, nous avons constaté qu'en arbitrant une partie seulement de son patrimoine immobilier, le docteur Martin pouvait disposer d'une trésorerie comprise entre 350.000 € et 450.000 €, suffisante pour financer sereinement plusieurs années de transition tout en reconstituant progressivement une nouvelle activité.

Avec un tel budget, il pourrait facilement trouver une nouvelle résidence principale à acheter et générer du revenu passif avec plusieurs lots locatifs, sans avoir commencé à exercer son activité.

La vraie réflexion patrimoniale

Au vu de son souhait de changer de vie et de pays, que se passe-t-il rééllement si le docteur Martin décide demain de s’installer ailleurs qu’en France ?

Au cours de nos échanges, nous nous sommes rapidement aperçus que le sujet n’était finalement pas l’installation professionnelle mais la manière de financer intelligemment cette transition.

Pour ce faire, plusieurs scénarios ont ainsi été étudiés :

  • Devait-il vendre immédiatement sa résidence principale ou la conserver en location ?

  • Était-il préférable de conserver ses appartements locatifs français afin de préserver des revenus en euros ou, au contraire, arbitrer une partie de son patrimoine pour financer une nouvelle stratégie internationale ?

  • Quel niveau de liquidités devait-il conserver pour absorber plusieurs mois sans activité ?

  • Comment limiter le risque de devoir reprendre une activité trop rapidement uniquement pour des raisons financières ?

Et c’est précisément à cet instant que notre réflexion a changé de nature, nous ne parlions plus de médecine, nous parlions de patrimoine.

Le problème est clairement ailleurs, car paradoxalement son actif principal ne voyage pas automatiquement avec lui.

Son diplôme devra peut-être être reconnu, les conditions d’exercice changent, les assurances changent, la fiscalité change, l’organisation de la médecine change.

Son patrimoine financier, lui, peut relativement facilement être réalloué d'un pays à l'autre. Son activité professionnelle, en revanche, dépend de règles locales beaucoup plus contraignantes.

Exercer ailleurs n'est pas impossible, ce n'est tout simplement pas improvisé.

C’est probablement le principal enseignement que je retire de tous les échanges que j’ai eus ces derniers temps avec des professionnels de santé.

Contrairement à certaines idées reçues, exercer dans un autre pays est parfaitement envisageable dans de nombreuses situations. En revanche, cela suppose presque toujours une préparation sérieuse :

  • Reconnaissance des diplômes

  • Autorisations administratives

  • Conditions d’exercice

  • Protection sociale

  • Fiscalité

  • Assurances professionnelles

  • Choix du statut

  • Installation de la famille

Chaque étape est généralement accessible, mais leur accumulation peut rapidement devenir décourageante pour quelqu’un dont le métier consiste avant tout à soigner des patients et non à gérer des procédures administratives.

Or, s’il existe une caractéristique que je retrouve chez beaucoup de médecins, c’est qu’ils accordent une immense valeur à leur temps.

Ils acceptent volontiers de rémunérer un expert lorsqu’il leur permet d’éviter plusieurs mois de recherches, d’incertitudes ou d’erreurs coûteuses.

Évidemment, ce n’est pas parce qu’ils en seraient incapables. Ma fille étant actuellement en troisième année de médecine, je mesure chaque jour l’exigence intellectuelle que représente cette profession

Mais parce qu’ils savent qu’il est économiquement plus rationnel de consacrer leur temps à leur métier que de devenir, pendant quelques mois, spécialistes de la réglementation internationale, de la fiscalité ou des procédures administratives.

Ces différentes sollicitations nous ont finalement conduits à une évidence avec mes associés : il n’existait pratiquement aucun document réunissant, dans une logique patrimoniale, les principales questions que se posent les professionnels de santé envisageant une installation au Mexique.

Comme à chaque fois que nous nous confrontons à un problème qui ne nous apporte pas de solution optimale, nous créons nous-mêmes la solution et avons donc décidé de rédiger un guide spécifiquement consacré à ce sujet.

Non pas pour convaincre qui que ce soit de partir, mais pour permettre à chacun de mesurer, le plus objectivement possible, les implications professionnelles, administratives, fiscales et patrimoniales d’un tel projet.

En conclusion

Une dernière précision me semble importante, nous ne prétendons pas accompagner des projets d’installation dans le monde entier, contrairement à une approche consistant à vouloir être spécialiste de tout.

Nous préférons connaître parfaitement un territoire plutôt que superficiellement cinquante.

Si nous avons choisi de développer un accompagnement spécifique au Mexique, c’est tout simplement parce que nous y vivons depuis plusieurs années, que nous y travaillons au quotidien et que nous avons progressivement construit un réseau local de professionnels capables d’intervenir lorsque nos clients en ont besoin.

Dans un projet d’installation internationale, la différence ne se joue pas sur la théorie, elle se joue toujours sur la qualité des personnes que l’on peut appeler lorsqu’un problème concret se présente.

Accompagner un professionnel de santé dans un projet international ne consiste pas seulement à préparer un changement de pays. Il s'agit avant tout d'organiser la transition entre un patrimoine construit pendant vingt ans et une nouvelle vie qui, elle aussi, devra pouvoir durer vingt ans.

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